Une vallée fantastique.

29 Avril 2016 – Jamais à court de surprises

Étape 10 – Jharkot/Chhairo – 24km & 100m de D+

Lever 7h30, p’tit déj’ 8h, départ 8h35. Après une journée parmi les nuages, nous débutons la redescente vers la vallée. Au réveil, nous avons le temps de discuter avec nos confrères français présents au même hôtel. Nos destinations sont les mêmes mais ils quittent les lieux un peu plus tôt.

Nous retrouvons le sentier qui n’y ressemble pas tellement et se perd au travers de quelques habitations. Mais, très vite, nous nous retrouvons sur la route où les bus et les jeeps défilent en cette matinée. Plus de sentiers sur cette portion, il faudra se contenter de marcher sur cette voie de terre poussiéreuse… Les minutes passent et nous arrivons à proximité de la ville de Kagbeni. Cependant, il faut descendre un peu pour l’apercevoir et quand cette cité se dévoile enfin, nous sommes émerveillés !

Un immense « jardin » verdoyant précède la ville. De gigantesques vergers siègent, là, au beau milieu de la montagne et de son paysage sec et rocailleux. Le blé, balayé par le vent, donne l’illusion d’être traversé par des vagues. Tel une oasis dans le désert, les instants que nous saisissons laissent rêveurs…. Nous descendons vers la ville et ceux sont les bulldozers élargissant la voie qui nous ramène à la réalité. Il faut faire un détour, le sentier ayant été rasé.

Nous entrons dans Kagbeni à 10h30 et nous décidons de faire halte au « Yac Donalds ». En effet, un hôtelier a eu l’idée de détourner le nom de la célèbre chaine de fast food pour son établissement. Mais, rien à voir avec ce que vous connaissez, il s’agit simplement d’un hôtel/restaurant proposant un burger à la viande de Yak. Nous l’avons goûté et ce fut un délicieux repas pour fêter les 22 ans de Léo.
Le ventre plein, nous reprenons la route à destination de la ville de Marpha, oasis que Pascal nous a recommandé. Nous nous retrouvons à marcher dans le lit de la rivière aujourd’hui au plus bas niveau. Ce lit est bordé par des falaises et le vent s’engouffre jusqu’à atteindre plus de 100km/h. Pendant plus d’une heure et demi, nous marchons têtes baissées défiant les rafales incessantes !

1h30 s’écouleront plus ou moins vite avant de rejoindre la ville de Jomson. Cette cité est faite pour le tourisme comme nous l’observons lors de sa traversée. Plutôt logique, un aéroport se trouve ici, perdu dans les montagnes et facilitant l’accès pour les moins vaillants.

Ici, se présentent à nous deux options : prendre la route (côté Marpha) ou le sentier (rive opposée). La route nous conduira à Marpha en 1h alors qu’il en faudra plus de 3h par le sentier. Je décide de suivre le sentier contrairement aux plans ayant eu notre dose de route pour la journée…

Sur le sentier, nous rattrapons 2 jeunes filles de 7 ou 8 ans et un garçon plus jeune. Vêtus de leur uniforme, ils rentrent de l’école à pied jusqu’au village de Thini. Nous le savons car les filles ont discuté avec nous, mettant leurs cours d’anglais à l’épreuve. C’est agréable de partager quelques minutes de notre trajet avec des enfants vivant au coeur de la montagne. De plus, Thini est à près d’une heure à pied et elles parcourent chaque jour cet itinéraire, deux fois. Telle est la vie des enfants himalayens.

Nous les laissons derrière nous alors que leurs mères sont venues les chercher. Nous traversons le village de Thini qui est petit et atypique. C’est un très joli village aux multiples ruelles. Nous poursuivons sans trop savoir où nous en sommes. Une descente et nous remontons sur un nouveau village. Ici, la vue est magnifique et nous découvrons encore un micro climat ainsi qu’un petit lac. Mais, la surprise viendra du temps qu’il reste pour rejoindre Marpha, plus de 3h ! Wahou, nous sommes partis depuis plus de 7h et il reste encore une sacré trotte. Et, aucune alternative, nous ne pouvons pas couper, il faut suivre le sentier.

Nous franchissons une petite crête de plus, traversons un nouveau village et faisons un break pour manger quelques fruits secs.

Nous repartons à destination du village de Chhairo qui est le point de passage vers la rive de Marpha. Cette fois, nous contournons la montagne et après quelques minutes, nous apercevons enfin le village. Et comme à chaque fois, c’est la beauté des lieux qui nous interpelle. Depuis les hauteurs de la rive opposée, nous avons une vue privilégiée sur l’immense jardin qui borde la petite cité. Marpha est réputée pour son paysage et ses vergers et nous ne dirons pas le contraire, ça vaut le détour ! Nous avançons, les points de vue changent alors que les paysages restent. Malgré la fatigue, nous ne regrettons pas d’avoir choisi ce sentier. La ville est à ce qui paraît très belle, mais la carte postale qu’offre Marpha depuis notre rive est bluffante. Nous finirons par descendre aux abords des jardins mais impossible de traverser. Il faut aller jusqu’à Chhairo pour traverser la rivière et revenir vers Marpha par la route.

Mais, à l’entrée de Chhairo (2600m) se trouve un camp de réfugiés tibétains… Et oui, encore eux, ils sont partout ! Errant dans les rues, nous rencontrons un tibétain maîtrisant le français. Léo en profite pour lui demander s’il existe une guest house dans le coin. Oui, il y en a une dans le camp et nous décidons de nous arrêter là.

Dans le village, nous reconnaissons très vite l’ambiance tibétaine et ça nous plait. La chambre est propre et bien bâtie ce que nous voyons moins chez les népalais… Il se dirait que les tibétains réfléchissent plus que leurs voisins. Bref, nous attendons le retour de l’électricité pour pouvoir prendre une douche chaude car ici comme partout, le confort est rythmé par les coupures de courant. Nous passons commande de notre repas pour 19h au cuisinier venu spécialement pour nous et avec qui nous pourrons longuement discuter. Il est papa depuis tout juste 2 mois ce qui lui donne pas mal de travail à la maison.

Ici, les prix sont les plus bas que nous ayons rencontré depuis le début de notre trek. Nous en profitons pour siroter 2 bières en l’honneur des 22 ans de Léo. À table, nous nous essayons à la cuisine tibétaine qui se révèle succulente ! Et, affamés, nous essayons de commander un second plat chacun. Le cuisinier accepte et nous y ajouterons même les crêpes au dessert. Après tout, c’est l’anniversaire de Léo et il faut le fêter. Quel festin et quel délice ! Ils savent y faire ces tibétains. Plus que rassasiés, nous irons nous coucher aux alentours de 22h.

Étape 11 – Chhairo/Kalopani – 15km & 200m de D+

Lever 7h30, p’tit déj’ 8h, départ 10h35. La nuit aura fait du bien et ce matin, nous profitons de l’hospitalité et de la gentillesse caractéristique des tibétains. Nous prenons quelques photos avec notre cuisinier afin de les imprimer et de lui laisser en souvenir de notre rencontre. Nous prenons le temps d’acheter quelques oeufs au magasin local en prévision du déjeuner que nous ferons bouillir. De plus, les commerçants de bracelets/colliers… se sont mis en place pour nous présenter leurs produits. Nous achèterons quelques souvenirs sans trop faire les difficiles, l’argent profitant à l’ensemble de la communauté. Tout celà nous retardera jusqu’à 10h35 où nous levons le camp.

Nous traversons enfin le village de Chhairo et poursuivons sur le sentier. Nous ne verrons pas Marpha. Le chemin est bordé par une flore verdoyante. Puis nous avançons sur un secteur « pavé » au beau milieu de ruines… du séisme ? Nous ne le savons pas.

Un second village et une première ascension. Là-haut, nous arrivons sur une zone de culture en terrasses où nous trouvons de tout. Le sentier remonte au bout milieu des champs et nous finissons par rejoindre un village sur les hauteurs. Ressemblant beaucoup aux autres, nous devinons sous nos pieds un canal d’irrigation dissimulé par les pierres de la ruelle pendant qu’un homme travaille son panier. Virage à droite, et nous voilà sur la route de sortie qui redescend sur les bords de la rivière.

Nous arrivons sur un petit ruisseau provenant des montagnes, le sentier est peu marqué et nous improvisons un peu. Nous marchons dans une vaste pleine avec beaucoup de galets ainsi que de nombreux arbres. Nous avançons jusqu’à arriver dans une sorte de camp de réfugiés, probablement tibétains. Cachés dans les arbres, de nombreuses tentes semblent former un hameau. Nous croisons de nombreuses personnes voguant à leurs activités… Nous y découvrons un panneau qui ne nous enchantera guère car il annonce le village de Sauru à 3h30 or, nous pensions l’atteindre dans 1h30. Il va falloir marcher et s’employer car le petit village suivant précédera une longue ascension de 20 minutes.

Nous marchons, les arbres défilent, le paysage change et après 1h45, nous arrivons à Sauru. Le panneau nous a bien bluffé ! C’est un beau village en bordure de rivière avec de vastes espaces. Le paysage y est magnifique. Nous y remplirons notre bouteille d’eau servant à la cuisine. Nous continuerons à marcher quelques minutes avant de trouver un coin proche de la rivière pour cuisiner. Nouveau rituel pour manger et 2h qui partent en fumée.

Nous reprenons la marche et poursuivons notre descente de la vallée du Mustang. Désormais, il n’y a plus de difficultés, seulement quelques courtes remontées. Nous faisons une première halte à Kokhethanti. Mais ayant besoin d’une connexion internet pour l’anniversaire de ma soeur, nous ne trouvons de guest house adaptée. Nous poursuivons jusqu’à Kalopani (2530m) qui compte d’innombrables hôtels. Nous trouverons facilement une chambre répondant à nos critères.

Nous prenons le temps de nous reposer un peu avant de prendre connaissance du menu et de commander notre repas du soir. L’heure du repas arrive et à notre grande satisfaction, les assiettes sont copieuses et délicieuses. Rien de mieux pour passer une bonne nuit, car nous ne trainerons pas.

Étape 12 – Kalopani/Kopchepani – 12km & 200m de D+

Lever 7h30, p’tit déj’ 8h45, départ 9h45. Nous trainons légèrement à faire nos sacs car je m’attarde à laver quelques habits. Nous reprenons la route qui nous avait menée jusqu’à l’hôtel en sens inverse afin de récupérer le sentier contournant la ville et la route.

Nous nous trouvons dans un bois relativement agréable en cette matinée ensoleillée. 45′ de marche nous mèneront de nouveau sur une portion de route. Le temps de traverser un pont et nous reprenons le sentier qui lui grimpe. Ce serait tellement plus facile sur la route… mais sûrement moins beau et moins agréable que sur le sentier. Nous basculons sur un petit plateau où semble vivre un homme seul dans sa tente avec quelques bêtes. Le temps de se retourner pour prendre une photo des monts enneigés et nous retrouvons la descente. Une petite pause ‘bar de céréales’ ralentira notre progression avant de retrouver une nouvelle fois la route.

Nous approchons de la ville de Ghasa (2010m). Encore une portion de route et nous y sommes. Ce village se divise en plusieurs parties et nous faisons halte dans la première partie afin de quérir des oeufs pour notre déjeuner. 4 oeufs en poche, nous nous faisons arrêter un peu plus loin pour pointer nos permis de trek. Nous continuons jusqu’à traverser le coeur du village de Ghasa.
Le gros du village passé, nous profitons d’un point d’eau pour nous arrêter cuisiner notre repas. Nous y resterons encore un bon moment et nous croiserons un groupe de 4 aventuriers avant que 6/7 buffles nous rendent visite. Poursuivons.

Il faut continuer en direction de Tatopani malgré la fatigue commençant à peser sur nos organismes. Une descente, un pont suspendu, ça monte, redescend, un village, ça remonte et nous redescendons sur Kopchepani (1620m). Là, nous y croiserons de nouveau les 4 trekkeurs en pleine pause goûter et allant, aujourd’hui, jusqu’à Tatopani. Nous, nous n’irons pas bien plus loin, la fatigue se faisant fortemnent ressentir…

Nous trouvons une guest house de fortune avec un grand jardin où sont disposées des tables. Nous irons nous asseoir à l’une d’elle pour y prendre le goûter : un délicieux pain tibétain. Nous nous ferons du thé en attendant que le temps passe. Un groupe de 4 trekkeurs viendront remplir les 2 dernières chambres de la guest house.

Le repas du soir avec du Dal Bhat et du riz frit nous calera bien et nous pouvons aller dormir car l’organisme en a bien besoin.

Étape 13 – Kopchepani/Tatopani – 13km & 200m de D+

Lever 7h00, p’tit déj’ 7h30, départ 8h30. Nous prenons le temps de nous préparer ainsi que de soigner le propriétaire des lieux qui s’est, semble-t-il, fait mordre par un insecte en jardinant. Léo s’occupe de lui et nous pouvons enfin partir après quelques photos.

La première partie de la journée nous fera traverser un paysage semblable à la jungle. Le sentier descend légèrement sur les premiers kilomètres jusqu’au village de Gadpar (1580m). Passer ce village, nous retrouvons les éprouvants secteurs de descente et cela ne nous avait pas manqué. Nous rattraperons 2 des 4 trekkeurs ayant dormi au même endroit que nous et les dépassons à l’approche de Narchyang (1510m). Cependant, nous sommes à une altitude plus faible que celle de ce village et nous choisissons de suivre le sentier remontant vers celui-ci. Une bonne grimpette de plus de 20 minutes qui nous aura bien fait transpirée pour le plaisir de découvrir ce lieu. Nous y trouvons un joli village avec un belle cascade.

Désormais, il faut redescendre vers l’altitude de Tatopani (1190m). Nous y rencontrerons d’autres trekkeurs jusqu’à revenir sur la route au passage d’un pont. Nous apercevons Tatopani au loin et nous finissons le trajet par la route n’ayant d’autres options… Il ne faudra que quelques minutes pour franchir les portes de la ville.

Ici, c’est un lieu de passage habituel des trekkeurs et de nombreux hôtels s’y trouvent. Avant de choisir notre lieu de résidence, nous faisons quelques achats pour le repas du midi. Nous nous arrêtons quelques pas plus loin dans une guest house.

Il est 13h, le temps de cuisiner nos oeufs ainsi que du riz aux nouilles, nous pouvons nous remplir la panse. Ensuite, une sieste, c’est pas mal, non ? Bref, nous partons nous promener dans les rues aux alentours de 16h afin d’observer la ville. Des hôtels, des magasins… un paradis à touristes quoi ! Nous irons jusqu’au bout de la rue commerçante et mangerons le goûter dans une petite enseigne locale.

De retour à la chambre, nous attendons tranquillement le repas du soir. Au menu, Dal Bhat et lasagnes. Le Dal Bhat, Léo en reprendra quelques fois suscitant l’étonnement du fils faisant le service. De mon coté, je dois dire que les lasagnes étaient excellentes et face à ce constat, je ne pus m’empêcher de commander une seconde tournée. Nous nous sommes bien régalés ! Idéal pour passer une bonne nuit.

C’est ainsi que s’achève notre parcours au sein de cette merveilleuse vallée. Émerveillés, nous l’avons été mais les dernières journées auront vu notre fatigue s’accentuer. Malgré cela, nous nous sommes accordés une dernière surprise et vous pouvez la découvrir dans notre prochain article.

Ludo & Léo.

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One thought on “Une vallée fantastique.

  1. tres heureuse de vous lire joyeux anniversaire a Léo une occasion de vous faire une bonne bouffe profiter je vous embrasse a tous les deux bonne route et faite attention a vous mamie et papi des landes

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