Au rythme indien, 11h de train.

3 Avril 2016 – D’Agra à Khajuraho en classe Sleeper.

En Inde, le réseau ferroviaire est extrêmement dense. Cela s’explique par les grandes distances à parcourir et il s’est imposé comme un élément clé pour se déplacer. De plus, les tarifs proposés sont relativement bas.

C’est devant ce constat et le souhait de se déplacer vers des campagnes éloignées que nous avons opté pour cette solution. La classe que nous avons choisi se nomme Sleeper (de l’anglais – dormeur). Celle-ci s’organise en compartiments de 8 personnes avec deux configurations possibles : 8 sièges ou 8 lits. Chaque wagon est composé d’une dizaine de compartiments. Pour tout trajet de nuit, elle est fortement recommandée mais, notre premier voyage se fera de jour.

Il est 11h50 quand nous embarquons à bord du train. Nous découvrons le train indien et cherchons nos places. Arrivés à notre compartiment, 4 personnes sont déjà présentes et pour l’instant personne n’a choisi de dormir. Nous nous installons.

Très vite, nous verrons défiler des mendiants, des vendeurs ambulants très souvent estropiés, d’autres plus en forme ainsi qu’un transsexuel récoltant des billets. Il tentera avec moi, en vain.

Au fil que les arrêts passent, les passagers changent. Mais, à chaque arrêt, nous assistons à un ballet de vendeurs à la sauvette défilant avec : bouteilles d’eau, sodas, casses-croûtes, thés, cafés… le tout dans un vacarme caractéristique de l’Inde.

Aux alentours de 13/14 h, deux nouvelles personnes rejoindront le compartiment pour le mettre en mode couchette. Léo va se percher tout en haut du compartiment alors que je reste à la fenêtre. Le train s’arrêtera à plusieurs reprises afin d’en laisser passer d’autres. Ces pauses se révéleront insupportables à l’intérieur tant le soleil cogne et les températures dépassent les 40℃. Chacune des reprises de la marche en avant sera perçue comme une liberation.

Le temps passant, j’ai eu le temps de finir un livre récemment offert : Éloge de la Faiblesse. Un superbe ouvrage que je recommande et une experience de vie que nous propose l’auteur, ayant vécu 17 ans en institution pour personnes handicapées moteur cérébral et philosophe. Léo faisait de même avec « Le joueur d’échec », ouvrage de Stefan Zweig. Et puis, j’ai pris quelques photos, peaufiné le précédent article et trié nos nombreux clichés. Le soleil se couche peu à peu et se fut l’occasion de prendre le beau cliché qui présente l’article. Désormais, les paysages voient se succéder petits villages agricoles vivant bien en retrait des grandes concentrations de populations. Peut être, allons-nous trouver enfin une ville paisible et calme ?

Le téléphone sonne, c’est notre hôte de couchsurfing qui m’appelle pour savoir où nous sommes. Je lui avais annoncé une arrivée à 20h et il est 20h. Je lui réponds au hasard car je ne sais ni où nous sommes, ni combien nous avons de retard… je sais juste que Khajuraho est le terminus du train et qu’on ne peut pas se rater. Nous voyons des arrêts  défilés et arrivés à la ville de Mohaba aux alentours de 22h, voilà que le train repart en sens inverse. Nous n’y comprenons plus rien.

Il est 22h38 quand nous entrons en gare avec un retard de 3 heures. Nous prévenons notre hôte. Désormais, nous devons rejoindre le quai principal. Ici, pas de tunnel, pas de passerelle, il faut descendre sur la voie. C’est alors que nous apercevons, sur le quai, un point d’eau potable. Nous nous jetons dessus afin de remplir nos bouteilles et de nous désaltérer. Nous devons le reconnaitre, pour nous étrangers, il est très difficile de trouver de l’eau filtrée quand on trouve de l’eau en bouteille partout.

Nous quittons la gare pour attendre notre hôte. Après 20 minutes d’attente, nous voyons deux hommes arrivés. L’un est petit et porte un manteau de cuir, Kashiprasad, l’autre est plus grand est porte une chemise, Gautam. À cet instant, nous avons eu la même pensée : « Sur quelle mafia sommes-nous tombés ? ». Nous commençons à discuter et ils nous informent qu’ils sont venus avec un seul scooter et que nous devons prendre un tuc tuc… Gautam négocie alors avec le chauffeur en hindi et nous annonce la course à 100Rps. Je sens directement l’embrouille dans l’air et renégocie à 70Rps sachant qu’à mes yeux, 50Rps était le prix correct. Dès cet instant, je décide d’être méfiant car le couchsurfing est aussi utilisé par des personnes influentes pour en tirer des backchichs.

Nous arriverons aux alentours de 23h30 à l’hôtel encore en construction de Gautam et irons au lit après avoir bu le Chai (Agni tea, lait, gingembre et sucre).

Nous publierons prochainement de nouvelles photos et vous ferons découvrir nos riches aventures à Khajuraho.

Ludo & Léo.

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3 thoughts on “Au rythme indien, 11h de train.

    1. Très instructif tes compte-rendu que je lis avec plaisir et les reportages photos sont intéressants
      Bonne continuation.
      Papi P. Mamie Y.

  1. je suis contente de savoir que tu fait mes recettes je te fais de gros bisous le bonjours a tes hotes mami des landes

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