Luang Prabang et Kuang Si Waterfall.

4 Juin 2016 – On a acheté des motos…

Au terme d’un trajet pour le moins mouvementé, il faut dire que notre chauffeur s’est pris pour Sébastien Loeb inaugurant le Rallye du Laos, nous arrivons sur la gare routière de Luang Prabang. Surprise, elle se trouve à 6km du centre ville et si nous voulons y aller en van, il faut rajouter 20 000Kip chacun… Money, money, money ! Nous sommes 4 touristes à bord et refusons de payer ce qui nous conduit à descendre. Très vite, des chauffeurs de tuc tucs Lao style nous accostent. Faisant équipe avec le couple de touristes anglais, nous nous en tirons pour 10 000Kip chacun. C’est déjà mieux.

Ainsi, 10mn plus tard, nous atteignons le centre. Nous laissons nos compagnons d’infortune prenant chacun une direction différente. Tentant de rejoindre l’hébergement où résident les deux vendeurs de motos, nous tournons une rue trop tôt. Au bout de celle-ci, une auberge attire notre intérêt. Nous entrons demander les prix et ils se révèlent moins chers que dans la guest house que nous cherchions. Nous arrêtons notre choix ici et nous installons dans la chambre. Une bonne douche, un peu de repos et je me connecte à internet pour informer nos deux interlocuteurs que nous sommes bel et bien arrivés. Réponse de leur part immédiate, on peut les retrouver à 17h pour découvrir les bolides.

17h15, nous rencontrons Simon et Marc, respectivement français et espagnol. Devant leur homestay sont garées les deux motos. Ceux sont des Honda Win, un classique pour les touristes qui traversent le Laos, le Cambodge et le Vietnam. Ils nous présentent leurs produits. C’est soigné et bien préparé, tout est propre. Après une brève inspection, il est temps d’essayer. Enfin, d’apprendre et d’essayer en même temps car, nous n’avons jamais fait de motos à boite manuelle. Pour moi, c’est une sensation particulière car je n’ai jamais vraiment aimé la moto. Nous sommes tellement vulnérable dessus que j’ai toujours préféré mon vélo, plus lent, plus léger et plus maniable. Mais cette fois, il faut oublier tout ça et apprendre vite car c’est le meilleur moyen de découvrir le Laos hors des sentiers battus.

En avant pour un tour. Tant qu’il ne faut pas s’arrêter ça va, c’est comme la voiture sauf qu’on débraye à la main et passe la vitesse au pied. Mais quand arrive le premier croisement, c’est un peu tout qui se mélange… à quelle vitesse suis-je ? Ai-je débrayé ? Les freins, ah oui, pied droit et main droite. Ça passe, il n’y a pas grand monde autour. Maintenant, une grande intersection, c’est un peu plus difficile. Ici, rien n’est trop structuré niveau conduite et franchir un carrefour demande prudence et maitrise ce qui me fait renoncer à expérimenter le carrefour central de la ville. Je tourne à droite et fait demi-tour plus loin pour revenir et aller tout droit, ce qui revient à tourner à gauche dès le premier passage. On est tous débutant un jour ! Mais, ne vous en faites pas, depuis, nous avons progressé et appris à circuler à la laotienne.

Fin du test, on retrouve nos nouveaux amis. Nous discutons des motos jusqu’à que la nuit tombe sur Luang Prabang. Pour l’achat, nous remettons ça à plus tard car nous voulons essayer d’autres motos avant de se décider. Il se fait faim et nous partons vers le marché de nuit. Nous sommes avec les deux vendeurs, un trio de filles québécoises et Tom, anglais. On peut parler français en majeure partie car seul Tom ne comprend pas la langue de Molière. Ainsi, nous nous rendons sur le marché pour manger. On y trouve de grands buffets végétariens où pour 15 000Kip (1,6€), nous pouvons remplir nos assiettes à notre guise. C’est donc comme ça que nous essayons tous de faire la plus haute montagne de nourriture pour avoir au maximum à manger (pratique très occidentale où tout doit être optimisé et rentable…). Repas achevé, nous repartons et tombons sur des minis pancakes à la noix de coco que Simon nous fait essayer. Un délice, je veux la recette pour chez moi ! Nous poursuivons jusqu’au quartier des bars où nous allons à l’Utopia, une très jolie enseigne. Mais, pour la bière on attendra, il y a un terrain de beach volley au sein du bar et nous nous lançons dans une longue partie. Après plus d’une heure de jeu, les filles nous quittent car, demain, elles partent à l’aube vers de nouveaux horizons. C’est donc entre mecs que nous sirotons une bière avant de rentrer à l’auberge.

Le lendemain matin, nous nous réveillons sur les coups de 9h et partons pour essayer des motos. Nous avons repéré un revendeur grâce aux affiches placardées dans toute la ville. Nous y arrivons et il semble que nous le sortons du lit. Il est complètement à l’ouest et nous pensons fortement qu’alcool et drogues en sont les principaux responsables. Pendant 2h, nous essayons plusieurs motos, toutes du modèle Honda Win. Nous retournons sur le centre et sa place où sont installés de petites échoppes proposant sandwichs, fruits shakes et crêpes pour des prix raisonnables. Nous nous y arrêtons pour manger avant de retrouver notre chambre. Il fait tellement chaud que nous n’essayons pas de sortir et restons sous le ventilateur.

Aux alentours de 17h, un australien arrive à l’auberge pour nous présenter sa moto. Elle fonctionne bien, mais n’est pas prête à partir pour plusieurs milliers de kilomètres sans de nombreuses réparations. La meilleure option pour nous reste les motos de Marc et Simon. Nous allons réessayer les motos et décidons de les négocier avec eux dans la soirée. De toute façon, nous la passons ensemble. En plus de ça, un belge, Antoine, et un indien, Vishnu, sont arrivés à la guesthouse de nos deux amis et se joignent à nous. Nous retournons au buffet pour faire simple. Après le repas, on fait un crochet par le stand pancakes avant de traverser le marché de souvenirs. Nous rejoignons le Reggae Bar pour discuter argent et jouer au billard.

Après discussions, nous trouvons un accord pour 680$, prix jugé correct à cet instant mais largement au dessus des prix du marché… Nous serons dans les jours à venir si c’est bel et bien une affaire ou si des vices cachés vont gâcher la fête. Nous trinquons autour d’une bière. Rendez-vous demain pour prendre possession des motos et payer nos amis. De plus, je prends rendez-vous avec Vishnu et Antoine pour une baignade dans le Mekong sur les coups de 8 heures.

C’est ainsi qu’après une nuit de sommeil, je m’éveille, enfile mon maillot et quitte l’auberge en direction de celle de mes compatriotes. De là, nous marchons 5 min jusqu’à atteindre la zone d’embarquement pour les pirogues. Nous descendons vers la berge où sont arrimés quelques bateaux. Il se trouve qu’il y a un espace laissé vide et nous pouvons nous baigner là, Vishnu l’a fait la veille.

Aller, tous à l’eau. Elle est fraîche ! Et ce n’est pas la chaleur ambiante qui nous aide à y rentrer. Bon aller, cette fois, on se « jette » à l’eau. Huuuum, le sol est une sorte de glaise et la couleur du fleuve est marron mais c’est chouette. Ainsi, tous les 3, nous nous amusons au milieu des pirogues. À l’instar d’Antoine, je m’écarte de la berge (5m du bord) afin de mesurer la force du courant. Nageant le crawl avec amplitude, j’obtiens vite réponse à mon interrogation. Je n’avance pas ! La sensation est amusante et intéressante car les rôles sont inversés, c’est l’eau qui se déplace. Enfin bref, s’aventurer plus loin est sans aucun doute dangereux, même pour d’excellents nageurs ! La nature est dotée d’une force que l’humain ne peut défier, ne l’oublions pas. Après cette expérience, j’attrape mon appareil photo et je prends quelques clichés dans l’eau pour se souvenir de cette sympathique matinée.

De retour à la chambre, je retrouve Léo en train de se préparer car nous avons rendez-vous avec Simon et Marc en fin de matinée. Mais avant de les rejoindre, il faut aller retirer l’argent pour la transaction et l’échanger en dollars. Chose faite, nous nous rendons à leur hôtel où ils nous attendent avec les motos. Nous recontrôlons tout ça avant de procéder à la transaction, quelques photos de tout ça et nous sommes désormais propriétaires de 2 Honda Win. Nous filons les garer à notre auberge avant de revenir à la leur pour trinquer. Levons un verre à cette vente ! Nous restons en leur compagnie et allons manger un sandwich sur la place du village. C’est vraiment un endroit très sympa et qui semble apprécié des touristes.

Au cours de l’après-midi, nous restons au homestay de Simon et Marc pour jouer au cartes, échanger sur nos voyages et bien-sûr, rigoler ! Jusqu’au soir où nous irons manger dans un restaurant sympa et pas trop excessif. C’est la dernière soirée avec Marc qui prend un avion le lendemain pour Bangkok alors nous retournons à l’Utopia pour un traditionnel match de beach-volley. C’est énorme et nous y restons un long moment puisque ceux sont les gérants qui nous demandent de mettre un terme au match. On se dit alors qu’on va se prendre une bière. Et ben non, surpris, le serveur nous annonce que le bar ferme. Il est 23h et ici, les bars ne peuvent être ouverts au delà de cette heure et ceux, même en zones touristiques où celà pourrait être compris. C’est le Laos et la nuit, ils dorment contrairement aux occidentaux qui feraient bien la fête.

Ainsi s’achève notre soirée ! Ah non, j’oubliais, en revenant sur la route principale, de nombreux tuc tucs proposent aux touristes de les amener au bowling… oui oui, au bowling ! On ne comprend pas trop et on remarque que beaucoup se font embarquer mais à destination de leur hôtel, pas du bowling. De notre côté, nous négocions avec un chauffeur en essayant de voir jusqu’où il peut descendre. Un grand moment de rigolade sachant que nous n’étions pas intéressés. Le plus drôle reste quand il nous propose le tuc tuc gratuit si on lui achète de la marijuana. Ah Ah, c’est des chauffeurs dealers et c’est bien drôle dans un pays où la consommation de drogues est supposée interdite. Enfin, nous rentrons à pied à notre guesthouse. Pour le lendemain, nous proposons à Antoine et Vishnu d’aller voir la célèbre chute d’eau de Kangxi en motos. Rendez-vous pris pour 8h.

Alors que mon réveil sonne, de puissantes gouttes d’eau s’abattent sur le toit de l’auberge alors que le tonnerre résonne. Je repousse le réveil car il est évident que nous n’irons aux chutes d’eau par ce temps. L’orage persiste et nous ne nous lèverons que sur les coups de 10h. Nous retrouvons nos deux acolytes à leur homestay et discutons du programme. On decide d’attendre après le repas du midi pour y aller. Nous allons donc manger sur la place du village et faisons nos adieux à Marc qui prend l’avion dans moins de 2h.

Le ventre plein, nous filons vers les chutes d’eau sous une pluie faible. La route est escarpée mais goudronnée. Il faut près d’une heure pour boucler les 30kms qui nous séparent de l’entrée du site. On y gare les motos sur le parking et en avant pour découvrir ce lieu si populaire et si touristique.

On s’acquitte des 20 000Kip d’entrée et nous remontons le chemin. Nous arrivons en premier lieu sur un zoo où sont recueillis des ours pour les protégés du braconnage. Enfermer les animaux n’est pas une pratique que j’affectionne mais il faut toujours peser le pour et le contre dans des cas de « protection » et ce débat est si vaste que je m’arrête là. Poursuivant notre ballade, nous arrivons sur un premier bassin où de nombreuses personnes se baignent. Wahou, que c’est beau, on ne nous avait pas menti ! Le bleu de l’eau est magnifique et ça donne de images magnifiques. Continuant l’ascension, nous découvrons deux autres bassins ainsi que quelques successions de chutes laissant admiratif. C’est vraiment magnifique. Et puis arrive le clou du spectacle, la chute d’eau centrale. Un chef d’œuvre, les couleurs sont parfaites et le soleil est enfin sorti de derrière les nuages. C’est carrément top. On continue la ballade et le tour du parc jusqu’à 15h30. Là, on décide à notre tour de nous baigner.

À l’eau ! Que c’est frais et agréable à l’exception du poisson qui vient délicatement me « mordre » sur le mollet. Je profite du bassin, explore les coins sympathiques, fait le cochon pendu sur un arbre, bloque l’un des passages d’eau avec l’aide de mon corps mais ça pousse fort. Un régal pour les grands et les enfants ! Je prends l’appareil dans l’eau pour faire quelques photos et vidéos avant de me poser avec Léo dans un endroit sans trop de courant. Là, les pieds dans l’eau, les poissons viennent les nettoyer. Au début, la sensation est particulière mais on s’y habitue relativement vite et ce n’est pas douloureux. Ça fait surement du bien à nos pieds qui depuis déjà 3 mois ont bien souffert. Après cette baignade, on descend au bassin inférieur. Et c’est reparti. Enfin, pour les autres car j’ai un peu froid et je profite d’un banc au soleil pour faire une bonne sieste. C’est aussi top mais le lieu est extrêmement bruyant dû aux chutes d’eau. Quand je me réveille, du monde est arrivé et c’est actif. Il est aussi possible de sauter depuis un arbre et tout le monde se prend au jeu. Vishnu s’amuse comme un enfant dans l’eau et c’est bien drôle à voir ! Antoine aussi fait l’idiot et je rigole bien à les prendre en photos/vidéos. Un groupe de chinoises s’y lance aussi et c’est une brave rigolade, elles sont terrifiées à l’idée de sauter. Enfin arrivent 3 moines, un adulte et deux jeunes qui eux aussi se jettent à l’eau d’un super plongeon en tenue traditionnelle.

Le temps passe et le jour se couche petit à petit. C’est comme ça que nous choisissons de quitter ce lieu paradisiaque. Il faut une bonne heure pour retrouver la ville de Luang Prabang. Pour cette dernière nuit, nous avons choisi de dormir dans la guesthouse de nos camarades. Plus tard, nous allons tous ensemble mangé au marché de nuit pour cette soirée car demain, chacun prend une route différente. Après ce repas, nous retrouvons le Reggae Bar pour une partie de billard. Enfin, j’évolue en duo avec Simon contre un couple d’anglais. Et, ils se révèlent d’un excellent niveau. Mon partenaire n’est pas à son aise et je tente d’élever le niveau de mon jeu. En vain, on s’incline à 2 reprises. Je pense alors que c’est fini pour ce soir… mais un laotien me propose de faire équipe avec lui pour affronter le couple anglais. J’accepte. C’est alors que je réalise dès sa première phase de jeu que je me retrouve avec un jeune ayant un niveau au billard incroyable laissant même nos adversaires admiratifs ! Il n’y a pas vraiment match, il semble être là pour s’amuser. Je le comprends très vite quand après de longs runs à empocher les boules, il a l’occasion de plier les parties mais préfère relancer la partie en commettant une erreur de débutant ou en tentant des coups compliqués. C’est ainsi qu’on fera la fermeture du bar. Mais, il a tellement envie de jouer qu’on continue avec 3 parties supplémentaires. J’ai l’impression qu’on ne s’arrêtera jamais et tout le monde en rigole. C’est 40 minutes après la fermeture, qu’il nous libère et nous rentrons à la guesthouse.

Rentrés aux alentours de 00h30, nous sommes surpris de retrouver Simon, assis devant l’entrée alors qu’il a quitté le bar il y a 2h.. on lui demande ce qui se passe. Il nous explique qu’Antoine, le 4ème de notre chambre, n’est pas rentré et qu’on est enfermé dehors ! On lui avait laissé les clés de la chambre car il était malade et devait rentrer en premier. À cet instant, on est bien embêté mais pas d’humeur et en état d’aller sillonner la ville à pied à sa recherche sachant que Simon doit se lever à 6h. Finalement, on demande au propriétaire s’il a un double de la chambre, ce que n’avait pas fait Simon. Sauvés, il en possède un ! Nous pouvons aller dormir et pour Antoine, on s’inquiètera demain s’il n’a pas montré son nez.

Au réveil, Simon a quitté le navire dans les temps. Quant à Antoine, il dort paisiblement dans son lit. Ce n’est que plus tard qu’il m’explique qu’il a rencontré une demoiselle et à discuter avec elle jusqu’à 2h du mat’… comme quoi, dès qu’il y a des filles, on oublie vite ses potes. De notre côté, nous préparons tranquillement nos affaires et mangeons notre petit-déjeuner avant de partir pour le Nord sur nos motos. Une dernière photo, une accolade avec Antoine et Vishnu et on prend notre envol.

C’est ainsi que je vous propose ce récit avec plus de 2 mois de retard. Voyager, ce n’est pas forcément des vacances et notre périple au Laos n’a pas souvent été compatible avec l’écriture et la tenue d’un blog… À suivre.

Ludo & Léo.

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